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Bogota, capitale sud-américaine du street-art !

Je ne suis pas expert en la matière, pourtant à Melbourne comme à Valparaiso, j’ai été fasciné par l’importance qu’occupent les graffitis dans la culture urbaine. Dans la culture de la ville. Au point, en ce qui concerne Bogota, d’en devenir l’un des attraits touristiques majeurs. 

Il est en effet fréquent de voir des touristes déambuler autour des fresques urbaines de la Candelaria, Teusaquillo, Barrio Santa Fe, Calle 26 ou Avenida El Dorado. Alors quand j’ai vu que les fameux « free walking tours  »  que j’affectionne tant, organisent des circuits entièrement consacrés au street-art avec un artiste qui nous aide à en comprendre les codes, je me suis dit Banco ! 

Des les premiers pas, on se rend compte que les murs de la capitale colombienne sont devenus une véritable palette de couleurs. Les façades des bâtiments révèlent des techniques artistiques variées. Parfois relevant de l’acte (presque) politique.

Comme à Valparaiso, la municipalité commande parfois des réalisations de grandes envergures pour lesquelles elle rémunère les artistes. Cela encourage un graffiti de qualité tout en reconnaissant le talent des artistes (bon, et ça évite aussi que des graffitis sauvages recouvrent toutes les semaines les murs que la mairie s’évertuait jusqu’alors à nettoyer !). 

Cette oeuvre d’un artiste barcelonais vivant à Bogota a été réalisé il y a près de vingt ans. On peut voir la peinture se craqueler par endroit, pourtant, personne n’a osé recouvrir un centimètre de cette oeuvre !

Cette artiste venant d’une ethnie des montagne est un porte voix des minorités en Colombie. Il utilise aussi un compresseur plutôt que des bombes jetables pour réaliser ses oeuvres pour montrer qu’il n’y a pas de petits gestes pour préserver à son échelle la planète.

Cependant le graffiti demeure un moyen d’expression et de revendication fort qui permet aux jeunes générations d’exprimer leurs positions et de participer à leur manière au débat culturel, intellectuel et politique d’un pays au passé tumultueux. 

Quand on pense street-art, on pense graffiti, Or, Bogota a également une grande culture du tickets et de nombreux panneaux de signalisation vous le prouveront !

les graffitis et fresques murales sont omniprésentes et de grande qualité, la ville a d’ailleurs été désignée capitale latino-américaine du graffiti ! Mais qui sont les artistes et collectifs derrière ces graffitis ? Parmi la longue liste d’artistes urbains de Bogota quelques noms font échos (enfin pas à moi mais monsieur google est là) :

Cazdos MDC, Ledania, Skore 999, Zokos, Franco, Rodez, Nomada, Malegria, DjLu, Toxicómano, Vertigo, APC (Animal Poder Crew), Miko, Zudoco, Bastardilla, Guache, Zancudo… certains sont des artistes engagés d’autres se concentrent majoritairement sur l’esthétisme des œuvres.

Cette artiste, une des rare femmes dans ce milieu masculin, n’a pas utilisé d’échafaudage pour réaliser cette fresque, seulement sa perche ! une véritable performance !

Parmi les œuvres les plus célèbres de la capitale, on trouve un portrait du prix Nobel colombien de littérature, Gabriel Garcia Marquez. Cette réalisation est une commande de la municipalité suite à la mort de l’artiste.

On va également trouver la réalisation du graffeur Toxicómano représentant un jaguar et un mineur, intitulée “El agua vale más que el oro” et dénonçant l’exploitation intensive des sols en Colombie.

Malheureusement toutes les réalisations de Bogota ne sont pas célèbres par leur qualité ! L’une d’elles a en effet été effectuée par Justin Bieber et a fait scandale alors qu’il était de passage dans la capitale pour un concert en 2013. Le chanteur s’est adonné à son nouveau hobby sous la protection de la police, la circulation sous un pont avait même été bloquée le temps qu’il réalise son “chef d’œuvre”. Événement d’autant plus scandaleux que peu de temps avant cela un jeune graffeur colombien, Diego Felipe Becerra, avait été tué par la police alors qu’il prenait la fuite après s’être fait arrêté pour avoir réalisé un graffiti. Deux poids, deux mesures qui ont révolté la Colombie.

Depuis, à Bogota, les street-artists se sont rassemblés en associations plus ou moins officielles. Après avoir saccagés minutieusement l’oeuvre de l’ « artiste » pré-pubère, ils ont fait remonter leur colère jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir municipal. Aujourd’hui, ils organisent des événements afin de permettre aux habitants des quartiers de se réappropriai des parcs, terrains de jeux ou des rues que les trafiquants avaient annexé. Même si la police est plutôt souple quant à leur pratique, ils disposent d’avocats qui leur permettent de se défendre en cas de détention abusive (ce qui arrive rarement si chacun joue le jeu nous explique l’artiste qui nous guide).

Avocat le jour, cet artiste troque le costume contre les bombes de peintures la nuit. Il défend également tout un réseau d’artistes dans la ville.

Sur les quatre photos ci-dessous, on peut voir le parfait exemple de l’implication locale des street-artiste de Bogota. Pendant près de trois semaines, trois frères ont été missions par la municipalité pour redonner vie à ce parc d’un quartier de la ville. Les artistes ont fait participer les habitants du quartier, les initiant à leur art mais organisant également des scènes ouvertes, des cours de danse et des matchs de foot. Aujourd’hui »oui, le parc est à nouveau animé et les trafics qui s’y tenaient ont disparu (enfin ne nous faisons pas d’idée non plus, ils ont déménagé… mais au moins des enfants peuvent à nouveau profiter des infrastructure publiques installées pour eux ! Chaque victoire est bonne à prendre !).

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