Rurrenabaque, la pampa et ses animaux

Ah l’Amazonie ! Ça laisse songeur bon nombre d’entre nous ! Pour ma part, cette région berce mon imagination depuis mon plus jeune âge. Depuis que, fouillant dans la chambre d’enfant de mon père, j’avais trouvé un livre dont la couverture montrait un enfant marchant dns la foret dense, observé par toutes sortes d’animaux dangereux. Je ne me souviens plus du titre du livre mais je crois bien que cela fut l’une de mes  première lectures « non imposée ».

Rurrenaquaque, ce n’est pas encore l’Amazonie, mais sa pampa, sa faune et sa flore montrent que l’on est dans sa lisère.  Pour l’explorer, trois options souffraient à moi :

  1. Allez m’enfoncer dans la jungle pour un trek de 3 jours
  2. Me la jouer à la « Mike Horn » et partir 3 à 5 jours avec un guide et un machette comme seule accessoire.
  3. Prendre une pirogue et aller à la rencontre des animaux de la pampa.

C’est cette dernière option qui me semblait être la meilleure pour vous parler des animaux que l’on peut croiser dans cette région de Bolivie.

Mais avant cela, encore faut-il arriver à Rurrenabaque ! Car depuis La Paz (meilleur point de départ pour y aller), il faut compter pas moins de 15h de bus pour s’y rendre ! Je ne vous raconte pas quelle fut ma joie quand, arrivé dans la petite ville de 20000 âmes, je fus accueilli par un boulanger français qui m’emmena directement dans sa boulangerie qui se trouvait en face de l’agence qui organisait mon séjour. Pain au chocolat, croissant et café, il ne m’en fallait pas plus pour retrouver toutes mes forces !

L’agence, sans doute habituée à recevoir quelques têtus préférant se farcir 15h de bus plutôt que 30 minutes d’avion, me proposa ensuite de prendre un douche avant de partir. Bonheur.

Par la suite, il. me fallu prendre un 4X4 et rouler 3h jusqu’à l’embarcadère où se battaient en duel une dizaine de pirogues longilignes.

Notre petit groupe était composé de 2 jeunes anglais, 2 espagnoles, d’un couple de bolivien de Pierre Jean qui m’accompagne depuis Torotoro et de moi-même.

Le programme s’annonçait relax et en même temps riche en découvertes et les 3h de pirogue pour rejoindre notre campement nous confirmaient immédiatement que nous allions en prendre plein les yeux. Des alligators et des Caïmans par dizaines, des oiseaux de toutes les couleurs, des tortues, des dauphins, des singes, des capybaras, on aurait cru que tous s’étaient donné rendez-vous pour nous souhaiter la bienvenue !

Les jours suivant ne s’annonçaient pas moins époustouflants et après un couché de soleil à regarder guides et visiteurs jouer ensemble au foot et au volley dans un champs, nous rejoignons le camps en observant les yeux brillant des alligators formant comme une constellation dans l’eau. Gary, notre guide nous explique que, outre le fait de les repérer facilement à l’aide de nos lampes torches, les éblouir nous évitait une attaque potentiel, car, si durant la journée, les alligators et autres Caïmans ne sont rien d’autres que des gros lézards se dorant la pilule et ne prêtant aucune attention à nous, les plus téméraires d’entre eux pourraient nous voir comme un banquet flottant durant la nuit où leur sens sont aux aguets !

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, Gary nous emmène dans un marais à la recherche d’anacondas. Nous n’étions pas sur d’en trouver (nous sommes dans la nature et observons ce qu’elle veut bien nous offrir à voir), mais par chance, alors que Cristina s’arrachait les cheveux à essayer de me donner un cour d’espagnol, nous vîmes un « petit » anaconda de 2m nous couper la route. Pas de bol pour moi qui n’étais ps des plus rassuré à l’idée de tomber nez à nez avec un serpent. Nous cherchons des yeux Gary qui est devant avec le reste du groupe, Bigre ! à croire que ce satané serpent le connait et attendait qu’il soit passé pour tracer sa route. Cristina cria « Serpiente !!!!! Snake, Snake !!!!! » et sauta de joie tout en reculant à chaque mot crié d’un petit pas. Je m’approche du serpent qui reste là, comme pris au piège « et merde, je me suis fait avoir comme un bleu par ces touriste à la noix ». Gary arrive et sort le serpent des herbes hautes. C’est bien un anaconda. Le reste du groupe nous rejoint et nous observons l’animal qui reste calme, la tête en bas, attendant qu’on le laisse retourner vaquer à ses occupations; Au final, après qu’en rigolant, Gary nous ai proposé de le garder pour le déjeuner, nous le libérons et pendant qu’il retourna se foirer dans les herbes, je pris la décision formelle de ne plus m’approché du marais !

L’après midi était plus dans mes cordes. au programme, grosse sieste dans un hamac en regardant les singes écureuils jouer dans les arbres et pêche à la palangrotte ! Ainsi, pendant que les autres restaient sur le bateau, j’ai décidé d’aller lancer ma ligne dans les remous depuis la plage (après m’être assuré qu’aucun alligator n’allait venir me titiller les mollets). Résultat : des poissons chiens (si si, ça existe) et des piranhas en veut tu en voila. Gary me voyant m’amuser décida de venir me rejoindre en laissant la responsabilité de s’occuper des autres à Pierre Jean qui avait lui aussi quelques notions de pêche.

Le soir, après avoir fait un festin avec notre pêche, nous sommes allé nous poser sur le ponton pour profiter de la beauté du ciel que je n’avais jamais vu aussi étoilé et du spectacle des alligators en chasse.

Le lendemain matin, levé aux aurores, nous prirent la pirogue pour aller voir un levé de soleil timide. Le nez encore caché derrière sa couverture de nuages. Pas de quoi nous alarmer, bien au contraire puisque la balade en pirogue, moteur coupé, bercé au rythme du courant et par le réveil des animaux suffit amplement à nous offrir un spectacle fabuleux !

De retour au camp, pas le temps de pinailler, j’enfile mon short maillot et nous partons à la recherche de dauphins afin que j’aille essayer de les approcher. Finalement, trois autres baigneurs vinrent me rejoindre et les dauphins prirent rapidement de la distance, continuant à jouer à une vingtaine de mètres de nous. Je parti donc explorer les berges de la rivière à la recherche d’un alligator à filmer d’un peu plus près. Gary me guida ce qui rendit la situation un peu cocasse. Il tenta de m’expliquer qu’un bestiau se trouvait à une dizaine de mètres de moi et qu’il me suffisait d’avancer pour le voir. Comprenant que je ne l’avait pas repérer, il me guida à la voix « plus à gauche » « avance » « avance » « là tu le vois ? » et en effet, un petit alligator pointait le bout de son museau, il devait être à 5 petits mètres de moi maintenant et nous observait depuis le début. Pourtant, nous ne semblions pas l’intéresser pour un sous, ce qui eu le don, je ne sais pourquoi, de me vexer quelque peu !

Rentré au camp, je pris la direction de la douche avant de me rendre compte que les filles avaient cyphoné toute l’eau pour leur douche. Je me résignais donc à rentrer vers Rurrenabaque jugeant que le bain dans la rivière suffirait pour aujourd’hui. c’était sans compter que le bus qui devait nous ramener à La Paz (et qui je vous le rappelle devais déjà durer 15h), allait être pris dans une grève des ouvrier qui construisaient la route ralliant La Paz à Rurre. Du coup, en arrivant à La Paz quelques 25h ap^rès notre départ, autant vous dire que la douche que j’ai prise fut des plus méritée !

Quelques animaux de la pampa bolivienne :

Le singe écureuil

C’est un singe de petite taille qui mesure de 30 à 50 cm de long. Sa queue est aussi longue que son corps. Son poids est d’environ 600 grammes.

Son poil est court et grisâtre et ses jambes sont jaune brillant. On remarque surtout sa queue touffue.

Ses membres sont courts et il a une tête ronde rosée et couverte de poils blancs. Ses yeux et ses oreilles sont petits et son museau est noir. Il n’a pas de griffes mais des ongles.

Le Saïmari (écureuil en latin) vit en groupe d’une centaine d’individus et plus et n’entretient aucune rivalité de territoire. En même temps qui voudrait s’installer à coté d’une tribu de cent singes surexcités ?!?

C’est un animal très intelligent et c’est un acrobate très agile. Contrairement aux autres primates, il n’utilise pas sa queue comme cinquième main, il l’enroule autour de son corps pour se protéger du froid.

Le singe hurleur (qui n’a pas hurlé…)

il est l’un des plus bruyant des animaux de la foret. Son cri retenti surtout en début de matinée, il signale la défense du territoire d’un mâle.

Sa queue longue de 50 à 60 cm est préhensile, il s’en sert comme d’une 5éme main. Sa face est allongée chargé d’une barbe fournie. C’est le singe hipster de la foret !

La reproduction a lieu toute l’année, c’est une espèce polygame.

La femelle porte un unique petit qui nait au bout de 20 semaines. Lorsque le petit voit le jour, il est couvert de poils et s’accroche au pelage de sa môman.

Il vit en petit groupe de 4 à 7 individus. Chaque groupe est dirigé par un mâle dominant qui s’occupe de la protection de son territoire, en hurlant donc…

Ils vivent perchés dans les arbres, ils s’y déplacent habilement mais relativement lentement. Ils sont de bons sauteurs car ils se servent de leur queue (enfin vous m’avez compris).

Il leur arrive de descendre au sol mais n’y passent jamais la nuit.

Le caïman

Les caïmans sont des crocodiliens originaires d’Amérique du Sud et comptent parmi les plus gros reptiles de la planète.

Ces reptiles passent la majeure partie de leur existence immobiles dans l’eau, ne laissant dépasser à la surface que leurs yeux et leurs narines. Toutefois, ils ne peuvent ni respirer, ni avaler leur nourriture sous l’eau. Comme tous les reptiles, ce sont des animaux à sang-froid : leur corps est à température du milieu dans lequel ils vivent, d’où leur goûts pour les bains de soleil.

Les caïmans sont de grands carnivores, pas très regardant sur ce qu’ils ingèrent. Leur ordinaire se compose de poissons, de crustacés, de mollusques et d’enfants n’écoutant pas à l’école (une de ces affirmation est inexacte).

Les femelles pondent des œufs dans des nids. La position des œufs dans le nid détermine la température, ce qui influe sur le sexe.

Le capybara

Les capybaras (« seigneurs des herbes » en langue indienne) sont les plus gros rongeurs au monde. Ils mesurent entre 1 et 1,35 mètres et peuvent peser jusqu’à 65 kg.

Ce sont des mammifères semi-aquatiques, inoffensifs et timides vivant par groupe comprenant une dizaine d’individus. Ils prolifèrent aux abords des marais ou le long des fleuves et des lacs d’Amérique du sud.

Les capybaras se nourrissent de plantes aquatiques et sont de fait d’excellents nageurs et plongeurs, capables de parcourir de longues distances immergés en piétinant le fond. Tout comme les hippopotames, ils ne laissent parfois émerger que leurs narines, leurs yeux et leurs oreilles.

Ce sont des animaux qui se reproduisent dans l’eau et qui sont très soucieux du bien être des plus jeunes du groupe, au point que les petits peuvent même être allaités par d’autres mères.

L’anaconda

L’anaconda est un serpent aquatique constricteur non venimeux de la famille des boas. On le trouve dans les marécages et les fleuves des régions tropicales d’Amérique du Sud. Il peut atteindre des tailles gigantesques : jusqu’à 9 mètres pour 250 kg. De nombreux témoignages plus ou moins douteux laisseraient supposer des bêtes beaucoup plus grosses… Pärait même qu’un anaconda à bouché le port de Rurrenabaque !

Mythe ou réalité, sa taille lui a valu de nombreux noms : « serpent guerrier de l’onde », matatoro (« tueur de taureau »), yacumama (« mère des eaux ») et une mauvaise réputation de mangeur d’hommes. Les anacondas sont sans doute les animaux du fleuve Amazone les plus effrayants. Pourtant, les morts d’hommes causées par les anacondas sont rares et il aurait plutôt tendance à fuir quand il sent la présence des bipèdes.

Les anacondas se nourrissent de toutes sortes de proies (caïmans, capybaras, cervidés, moutons, chiens, tortues, etc.) et ne craignent pas de s’attaquer à de puissants prédateurs comme les jaguars.

Leur technique de chasse est aussi rudimentaire qu’efficace : d’abord ils assomment leurs proies en projetant puissamment leurs tête puis ils se saisissent de leur proie à l’aide de leurs puissantes mâchoires et l’entraînent sous l’eau pour la noyer, quitte à l’étouffer avec leurs muscles ventraux si cela ne suffit pas.

l va sans dire que la période de digestion est proportionnelle à la taille des proies qu’il dévore. Un anaconda peut ainsi passer plusieurs mois à digérer un gros mammifère…

Funny fact : l’anaconda est capable de jeûner pendant 2 ans et peut vivre jusqu’à 50 ans (voire 60 et même 80 ans pour certains), ce qui explique sa taille compte tenu du fait que ces animaux terrifiants ne cessent jamais de grandir tout au long de leur vie.

Le piranha

Il existe plus de 80 variétés de ce poisson et la majorité est herbivore, sauf pour le piranha à ventre rouge… et bien sur c’est lui qui pullule dans la rivière dans laquelle on pêchait !

Ce poisson est carnivore, il mange d’autres poissons et même ses congénères.

Sa puissante mâchoire porte des dents si pointues et aiguisées qu’elles pourraient servir de lames. Il peut mesurer jusqu’à 35 cm de longueur.

Le piranha se nourrit de tout ce qui passe à sa portée, sauf les végétaux. L’odeur du sang l’attire. Il ne s’attaque généralement pas à l’homme sauf s’il est blessé et que son sang se répand.

La femelle pond jusqu’à 5,000 oeufs qu’elle dépose sur des feuilles aquatiques et les deux partenaires surveilleront la ponte jusqu’à l’éclosion qui arrive après quatre jours.

En groupe les piranhas s’attaquent à des proies plus grosses, blessées ou malades.
Il participe ainsi à la lutte contre la pollution.

Le dauphin rose d’Amazonie

Les dauphins roses sont des animaux du fleuve Amazone qu’on reconnaît aisément à la couleur (rose) de leur ventre. On estime leur population à environ 100 000 individus. Ils vivent généralement en couple ou dans des groupes n’excédant pas 6 individus.

Il mesure environ 2,80 mètres pour un poids avoisinant les 150 kg et se nourrit surtout de poissons vivant dans le fond des cours d’eau qu’il détecte dans l’eau boueuse par écholocation.

Une légende amazonienne prétend que le boto peut prendre forme humaine. Il apparaît dans les fêtes sous les traits d’un homme séduisant, vêtu de blanc, délicatement parfumé et portant toujours un chapeau pour masquer le trou par lequel il respire.

Le boto est réputé pour être un parfait dom juan, invitant les femmes dans des danses sensuelles avant de partager leur lit… et s’en aller discrètement avant que l’aube ne se lève ! Une légende bien commode…

Si vous vous demandez comment j’ai pu échapper au caïmans, alligators et autres piranhas lors de mes baignades, c’est uniquement grâce à ces dauphins qui chassent tous ces prédateurs lorsqu’ils arrivent (en ville).

La galerie des animaux

Merci à Pierre Jean qui m’a accompagné pour cette excursion et gentiment laissé utiliser quelques unes de ses photos !

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