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HISTOIRE – Les Khmers rouges et l’histoire sombre du Cambodge

J’ai un peu tardé à écrire cet article qui pour moi est indispensable à la bonne comprehension du Cambodge (enfin pas l’article mais le sujet dont il traite restons modeste !) mais qui, si je l’écris sans filtre, pourrait choquer les plus jeunes (ceux à qui je m’adresse en somme !). Je veux en effet vous évoquer ici, l’histoire récente d’un pays encore meurtrie. Cette histoire c’est celle des Khmers rouges, de Pol pot et de l’Angkar qui en moins de 4 ans ont mis à genou tout un pays et dans la tombe une grande partie de ses habitants. Certains vous parleront de génocide mais ici, la particularité de cette barbarie (car c’est bien de cela qu’il va êtrêe question) est que ce sont des cambodgiens qui veulent exterminer… les cambodgiens… Si j’ai décidé de quand même êécrire ces lignes c’est parce que les régimes totalitaires font partis du programme des collégiens, or, je ne pense pas avoir été un mauvais élève, mais la seule chose que je savais sur les Khmers rouges c’est que Pol Pot ça sonnait pas sérieux… Et pourtant !

Si je vous parle de parti unique, de la figure du chef, de la recherche de l’homme nouveau… Ça pue à plein nez certains régimes biens connus des programmes non ? Je rajoute à titre personnel le besoin qu’ont tous ces régimes à communiquer minutieusement sur la manière dont ils sont organisés et avec quelle précision ils détaillent leur stratégie pour mettre en place leur ordre nouveau.

Dès mon arrivée au Cambodge, j’ai été confronté à cette plaie encore ouverte et saignante qui a touché de près ou de très près tous les cambodgiens avec qui j’ai pu en parler.

En effet, comme à mon habitude, quand j’arrive dans une ville, je regarde dans mon guide quels sont les musées à visiter. Et comme j’avais une journée avant d’attaquer l’énorme Moreau que sont les temples d’angkor, j’ai décidé d’aller faire un tour au musée de la guerre de Siem Reap. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et ai même été plutôt choqué de voir un groupe de chinois (allez, ça balance !) se prendre en photo avec toutes les armes laissées à disposition. Prendre en photo son gamin de 5 ans avec une mitraillette plus grande que lui dans les mains et pouffer de rire c’est un concept que j’ai du mal à comprendre. Bref…

Heureusement pour moi, un homme en noir m’interpelle au bout de quelques minutes. Il est avec 2 touristes et me demande si je veux me joindre à eux. J’accepte sans savoir que j’allais me prendre une claque qui allait conditionner tout mon voyage au Cambodge.

L’homme à un regard sombre et franc. Pourtant il semble plutôt sympathique. Il a un humour noir qui fait d’autant plus grincer les dents qu’il le mani devant des photos toutes plus choquantes les unes que les autres (je ne vous en montrerai pas ici, choix du rédacteur !). Il commence par nous faire un rapide rappel historique de la période des khmers rouges et nous dit que beaucoup de gens ont perdu la vie ou ont des séquelles irréversibles (nous découvrirons au fur de la visite que lui même a une jambe en moins, un oeil de verre, plus qu’un poumon, un morceau de grenade dans le genou qui lui reste… et a perdu sa femme qui a sauter sur une mine… il y a 3 ans #Viedemerde). Nous sentant vraiment à l’écoute au bout de quelques minutes, il fini par lâcher sa bombe (l’image est osée…) devant un panneau présentant des photos d’enfants d’une quinzaine d’année maximum :

« Vous savez, pendant la guerre civile, je devais avoir cet age à peu près. Des gens sont venus me voir et m’ont tendu une armes. Ils m’ont dit de prendre soin d’elle, qu’elle me permettrai de garder la vie sauve à condition que je m’en serve. J’étais devenu un Khmer rouge sans vraiment le savoir… »

Il y eu silence. Nous somme maintenant une petite dizaine à l’écouter et je me rends compte que ma première confrontation aux atrocités comises par les khmers rouges est justement avec l’un d’entre eux. Nous sommes captivés, enfin choqué… nous sommes choptivé quoi. Il nous rassure en expliquant qu’aujourd’hui, la plupart de ses amis sont des Khmers blancs (des khmers eux aussi, pour certains des membres de la famille de khmers rouges, nous y reviendrons) mais que l’Angkar (le parti des khmer rouge de pol Pot) enrobaient des jeunes enfants afin e leur faire un lavage de cerveau. Il nous dit que le passé doit rester au passé et que s’il est là quasiment chaque jour c’est pour participer à sa manière à la construction d’un nouveau Cambodge, uni et qui ne reproduira pas les mêmes erreurs (enfin, je crois qu’à l’heure où j’écris ce texte des élections sont en train de se préparer et que le parti au pouvoir est en tain d’emprisonner tous ses opposants mais  bon…).

Cet épisode au musée de la guerre m’a fait choisir mes prochaines destinations. Ainsi, pour en apprendre d’avantage, je suis allé à Battambang visiter les « Killing caves » (des grottes dans lesquelles les khmers rouges torturaient et jetaient les opposants à leur ordre nouveau) et surtout, je suis allé à phnom Penh visiter le S-21, un mémorial établi dans un ancien camp de torture (disons ce qui est) lui-meme établi dans un ancien lycée, puis les Killing fields, un camp d’extermination comme il y en avait des centaines dans tout le pays. Enfin bref, des activités bien sympa et pour certaines desquelles (le S-21 pour ne pas le citer) il m’aura fallu un petit moment pour digérer le choc des images et surtout des mots.  Vous comprendrez donc le besoin de coupure qui avait motivé mon évasion vers Koh Rong Samloem.

Dossier

Vous pouvez voir ce film en introduction :

Quand à Noël 1978, les Vietnamiens envahissent le Cambodge, ils découvrent un spectacle hallucinant. Aucun mot ne pourra jamais relater le cauchemar que les Khmers Rouges ont fait subir aux Cambodgiens.C’est un peuple entier qui a été condamné à mort par ses dirigeants entre 1975 et 1979.

Les Khmers Rouges

En 1954, à la fin de la guerre d’Indochine, alors que la plupart des militants communistes se réfugiaient au Viêt Nam du Nord, un certain nombre d’entre eux décident de résister au régime du Prince Sihanouk.

La plupart des chefs de ces partisans ont fait leurs études à Paris. Par exemple, l’un des principaux dirigeants de la résistance, Khieu Samphan, a soutenu en France sa thèse dans laquelle il prônait un développement autarcique du Cambodge, fondé sur l’agriculture. Il écrivait que les citadins n’étaient que des parasites qu’il fallait affecter aux champs et aux usines.

L’histoire ne dit pas si il a obtenu son diplôme grâce à cette brillante théorie.

Les opposants au régime officiel constituent, à partir de 1963, des maquis autour d’un chef, Saloth Sar, dit « Pol Pot ».

Six ans plus tard, des paysans chassés par les bombardements américains sur les régions tenues par les opposants viennent grossir leurs rangs.

A partir de 1970, le prince Sihanouk est renversé par un coup d’état pro-américain du maréchal Lon Nol.

Ce dernier réclamera en 1975 lors du siège de la capitale par les Khmers une aide financière aux américains pour tenir tête aux opposants. Cette aide de 222 millions de dollars sera refusée par le Congrès américain.

Exilé en Chine, le prince Sihanouk apporte sa caution à ses anciens ennemis, les Khmers.

Malgré tout, les Khmers rouges éliminent dans les régions qu’ils contrôlent les partisans du prince puis les exilés revenus du Viêt Nam, pourtant également communistes.

Le chef : Pol Pot

Pol Pot

Né à Kompong Thom (province du Camboge) le 19/05/1928 ; Mort le 15/04/1998

De la paysannerie cambodgienne au marxisme occidental

Saloth Sar serait né le 19 mai 1928 dans la province de Kampong Thom, au sein d’une famille paysanne plutôt aisée. Il débute son enseignement à Phnom Penh puis ses relations lui permettent d’obtenir une bourse pour peaufiner ses études à Paris. Arrivé en France, il rejoint rapidement des cercles communistes et certainement le Parti Communiste Français (PCF). Il y côtoie ses futurs compagnons de lutte et de pouvoir, à l’exemple de Khieu Samphan, Son Sen ou encore Ieng Sary.

Dans la clandestinité

De retour au Cambodge, il rejoint le parti communiste qui s’oppose à la monarchie en place. Du haut de ses 1m64, il grimpe les échelons du parti et se lie avec le pouvoir chinois. Il adopte le nom de Pol Pot et prend le maquis en 1963, près la frontière avec l’Indochine. Au contact des combattants vietnamiens, il apprend l’art de la guerre et l’intérêt de la clandestinité. Cependant, les vietnamiens restent des ennemis aux yeux de Pol Pot, qui partage l’engagement nationaliste de son parti, le PCK (Parti communiste du Kampuchéa).

En 1970, la situation change brutalement quand le prince Sihanouk est renversé par le maréchal Lon Nol. Face à ce régime anticommuniste soutenu par la CIA, le PCK s’associe aux royalistes et gagne en puissance.

Un régime meurtrier

Après cinq années de lutte dans un contexte régional rendu chaotique par la guerre du Vietnam, les khmers rouges renversent Lon Nol le 17 avril 1975.

Immédiatement, alors que Pol Pot s’empare du pouvoir, les khmers investissent Phnom Penh

 

Le parti : L’Angkar

Le noyau militaire du mouvement, l’Angkar qui signifie « L’Organisation », exige une discipline aveugle. Sa réputation de cruauté se répand très rapidement.

Ce pays a reçu, en trois ans, trois fois plus de bombes américaines que le Japon pendant la Seconde guerre mondiale.

Pol Pot dirige le gouvernement. Dès lors les frontières se ferment et une expérience démentielle commence.

Immédiatement, toutes les villes doivent être évacuées. Un missionnaire français rapporte ces propos d’un commissaire politique :

« Il faut que les gens apprennent qu’ils naissent du grain de riz. En suant pour défricher, pour semer, planter, récolter, l’homme connaît la vraie valeur des choses. La ville est mauvaise, non pas les gens : car les gens sont réformables, mais pas la ville ; c’est en ville qu’on trouve l’argent et la corruption ».

Sur cette base incroyable, tous les signes d’une société dite décadente sont abandonnés : vêtements de couleur, machines à écrire, électrophones, radios, automobiles, télévisions, écoles, postes, eau courante et jusqu’aux hôpitaux et aux marchés.

Retour à la préhistoire

Le pays est ramené à l’époque du Néolithique. Toute la population est employée à la riziculture et à des travaux d’irrigation épuisants.

Dès l’âge de huit ans, les enfants travaillent 10 heures par jour pour un bol de soupe et deux bols de riz par jour.

Les organismes épuisés et sous-alimentés ne résistent pas à la maladie. La malaria fait rage et aucun médicament ne doit être demandé à l’étranger.

La vie privée n’existe plus et les familles sont séparées.

Témoignage d’un rescapé des camps :

Depuis le jour où il a quitté Phnom Penh jusqu’à son passage en Thaïlande, l’histoire de Pin Yathay et des siens est une suite de déplacements, de labeur forcé, de privations et de drames. Ils vont d’un  » karatan  » (chantier de travail) à l’autre, dans un pays qui en est couvert, selon Radio-Phnom-Penh. Homme de bureau, Pin Yatay s’initie aux travaux de la terre dans le village de Koh-Tom, au sud de la capitale. C’est un village du  » peuple ancien  » qu’il convient donc de  » purifier  » de ses  » souillures impérialistes « ,  » capitalistes « ,  » coloniales  » et  » féodales « .  » C’est un peuple inférieur, nous étions tout juste des bêtes de somme « .

« Chaque famille se construit une paillote de fortune que les pluies de la mousson transpercent de juin à octobre. Le taux de mortalité est élevé. Entre cinq et dix personnes par jour. »

Les cambodgiens n’ont pas été les seules victimes

Parmi elles, j’ai retenu le témoignage du frère de Kerry Hamill, victime new zélandaise qui accomplissait son rêve en faisant le tour du monde en bateau.  Arrivé dans les eaux territoriales du Cambodge ça ne s’est pas vraiment passé comme il l’avait espéré.. On a tué son amie, puis il a été transféré dans cette fameuse prison S-21 où il a été torturé pour lui  soutirer des informations le prenant pour un espion vietnamien, du KGB ou encore de la CIA

Voici le témoignage de son frère :

« Au cours de ses aveux , Kerry Hamill a affirmé que le colonel Sanders , de la célèbre chaîne de restauration rapide Kentucky fried chicken, était l’un de ses officiers supérieurs, cette manière qu’il a eu de garder son sens de l’humour malgré les circonstances est vraiment incroyable.. En guise de numéro d’agent de la CIA , il a donné celui de notre téléphone Fix , et il a cité les noms de plusieurs amis de la famille comme étant de possibles espions américains , il a parlé aussi du Captain Pepper, qui pourrait bien être une référence a l’album des Beatles. Mais pour moi le passage le plus poignant de ces aveux reste cette allusion à un homme qui l’aurait formé à la prise de parole en public, un certain Monsieur S Star , il s’agit en vérité du prénom de notre chère mère Ester , Ester Hamill .. Mon frère a voulu lui laisser un message , un message d’amour et d’espoir , c’est un peu comme si quelque soit l’issue finale il avait voulu avoir le dernier mot , et il l’a eu. »

Une extermination organisée

En dehors des dirigeants, ceux qui ont été en contact avec l’Occident sont éliminés. Porter des lunettes c’est-à-dire avoir l’air d’un intellectuel est synonyme de condamnation à mort immédiate.

Pour survivre, les enfants doivent dire qu’ils étaient trop pauvres pour aller à l’école. L’Angkar a le droit de vie et de mort sur chacun.

Par souci d’économie, les exécutions se font à coup de manche de pioche ou par étouffement dans un sac en plastique. Le régime créé une milice constitué de jeunes paysans, des enfants qui n’ont rien connu d’autre que la guerre et la torture.

Endoctrinés, ces enfants doivent être, selon le régime, les seuls survivants.

Selon Pol Pot, « il suffit de 1 à 2 millions de jeunes Khmers rouges pour faire le Cambodge de demain ».

Exécutions sommaires et goût des spectacles sanguinaires, la torture est devenu un véritable sport national.

Le Cambodge ne fait que le tiers de la France. Avant l’arrivée des Khmers, la population était d’environ 9 millions d’habitants, à 90% Khmers.

Entre 1975 et 1978, plus de 300 000 personnes ont été exécutées de manière individuelle ou collective et 2 à 3 millions de personnes sont mortes de maladie, de privation ou des sévices.

Le Cambodge libéré

Les Vietnamiens prennent Phnom Penh, la capitale, le 7 janvier 1979. Pol Pot s’enfuit à l’étranger devant l’avancée des troupes en avril. Il sera condamné à mort par contumace pour génocide en août 1979.

La sentence ne sera jamais exécutée. Il meurt de sa belle mort au Cambodge en mai 1998 après s’être retranché dans un des derniers maquis Khmers rouges.

Le cauchemar n’est pas fini. La famine règne dans le pays. La Croix-rouge met en place un vaste programme d’aide pour sauver plus de 2 millions de personnes dans une situation critique.

Le Viêt Nam n’a retiré ses troupes du Cambodge qu’en 1990. L’aide tardive des Etats-Unis permet un léger espoir.

Cependant, il faudra plusieurs générations pour que les horreurs de ces 4 ans s’estompent dans la mémoire de la population.

Le Cambodge reste l’un des pays le plus pauvre au monde. Mines et bombes, souvenirs de tant de combats, continuent à mutiler et à tuer.

C’était quoi S21 ?

Le règlement du S-21, ça annonce la couleur…

Comme je vous le disais en introduction, je suis allé visiter tristement célèbre centre de sécurité khmer rouge à Phnom Penh. En pas tout à fait 4 ans, y furent détenus, torturés et exécutés au moins 12 380 hommes, femmes et enfants selon les documents réunis par les co-procureurs du tribunal avec l’aide du Centre de documentation du Cambodge.

Le « haut du panier » des prisons khmères rouges.

Quand Kar Savuth, l’avocat cambodgien de Douch, plaide la relaxe de son client (le 31 mars 2009) sur les arguments que tant que les 196 autres directeurs de centres de détention khmers rouges ne seront pas poursuivis, il n’y aura pas de justice, et qu’il y a eu moins de morts à S21 que dans d’autres prisons, il omet sciemment cette spécificité sur laquelle pourtant les bourreaux comme les victimes s’accordent : « Nul ne sortait vivant de S21 ». « Y a-t-il des documents qui prouvent que des prisonniers de S21 ont été transférés dans une prison à Battambang ou Kompong Chhnang ? », demande Vann Nath, choqué par l’avocat de la Défense. « Non ! Mais toutes les prisons du Cambodge ont envoyé leurs prisonniers à S21. »

Une zone sous haute sécurité au cœur de Phnom Penh.

S21 couvrait une zone délimitée par les boulevards Monivong, Sihanouk et Mao Tse Toung ainsi que par la rue 163 longeant le Wat Mohamontrei.

Autour du lycée, des bâtiments hébergeaient le personnel, l’administration ou bien des détenus importants, et servaient aussi pour les interrogatoires et la torture. Il y avait aussi des lieux d’exécution.

Un certain nombre de services assuraient le fonctionnement de S21 : les sous-sections médicale, cuisine, logistique, tandis que les unités de photographie, défense, interrogatoires, et documentation se concentraient sur les prisonniers.

Des annexes en banlieue de Phnom Penh.

Le site de Choeung Ek (les killing fields), où furent exécutés une partie des détenus de S21, était sous la responsabilité de Douch ainsi que S24, centre de détention de Prey Sâr.

Un centre de torture.

Selon l’ancien directeur, Douch, y étaient combinées les méthodes de la division 703 (pour l’arrestation, l’incarcération et l’exécution des prisonniers) et des méthodes de M13 (pour la torture). Au début de son procès, Douch maintient qu’il avait pour « tache exclusive d’annoter les confessions ».

Parmi les méthodes de torture appliquées à S21 : injures, coups, fouet, bâton, rotin, lacérations, ongles de doigts et de pieds arrachés, décharges électriques, aiguilles enfoncées sous les ongles, sac en plastique sur la tête, eau dans le nez, plonger le prisonnier attaché dans l’eau… dans des excréments…

La « potence » qui était, à l’époque où le centre de torture n’était qu’un lycée, un simple module pour faire du sport, était devenu un objet de torture. on y pendait les prisonniers par les pieds et s’ils s’évanouissaient, on les plongeait tête première dans les vasques remplies d’excréments… Mais attention, ici pas de mort. Les tortionnaires qui tuaient les prisonniers avant d’en avoir reçu l’ordre (en gros avant que le prisonnier n’ai fait des aveux complets accusant toute sa famille et ses proches) étaient eux même tués.

La version institutionnalisée, perfectionnée et urbaine de M13.

Le camp M13, installé dans le maquis khmer rouge entre 1970 et 1975, était une prison destinée aux ennemis et aux traîtres. La filiation avec S21 est évidente, outre que Duch en fut le responsable, une partie du personnel de M13 s’est retrouvé à S21, les méthodes de torture furent les mêmes, ainsi que la pratique des confessions. Et les exécutions.

Un centre de purge interne au mouvement khmer rouge.

Les statistiques réalisées sur la base des documents retrouvés à S21 et présentés par les co-procureurs le 31 mars 2009, montrent que 78% des détenus venaient de bureaux du gouvernement khmer rouge ou d’unités militaires et mettent en exergue un pic de prisonniers en provenance de la zone Est à la mi-1978. Le temps moyen de détention à S21 a été évalué à 61 jours.

Un nom de code.

Le S de sécurité (Santebal en khmer) associé au numéro du canal radio de la sécurité, 21. La mise en place de S21 est annoncée à Duch le 15 août 1975, par Son Sen, ministre de la Défense khmer rouge. Duch est nommé vice-président et responsable du groupe des interrogateurs. S21 est opérationnel en octobre 1975, d’après l’ordonnance de renvoi des juges. Duch devient responsable de S21 en mars 1976. Le centre de détention qui a déménagé plusieurs fois dans Phnom Penh, s’installe définitivement dans les locaux de l’ancien lycée en avril 1976.

Sources :
http://www.dinosoria.com/khmers_rouges.htm

C’était quoi S21 ?

Pour aller plus loin : 40 ans après les Khmers rouges, le Cambodge en quête d’une mémoire dépassionnée
Pour se prendre pour un vrai historien : https://www.cairn.info/revue-tumultes-2005-2-page-65.htm

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