Rencontre avec les adolescents Laotiens

J’avais lu quelque part qu’il était possible de rencontrer des jeunes laotiens afin de leur permettre de pratiquer l’anglais et de découvrir de nouvelles cultures. Une amie rencontrée en route m’avait confirmé qu’une librairie organisait des rencontres le temps de 2h pour apprendre les uns des autres.


Hier, au hasard d’une rue, nous avons rencontré Collins, un baroudeur posant ses valises là où il se sent bien. Depuis quelques mois, il se voue corps et âme à chercher des volontaires pour venir discuter avec de jeunes laotiens. En nous abordant il est tombé sur les bons clients. Nous sommes 7 et étions justement à la recherche de cette librairie au projet fantastique ! Il nous explique le projet, nous sommes conquis. Cette librairie, fondée par un éditeur anglais voulant publier des livres pour enfants et permettre aux laotiens d’apprendre l’anglais tous les jours, de 9h à 11h et de 17h à 19h. « C’est gratuit » nous dit-il, comme s’il fallait nous convaincre davantage, « cela ne vous coutera que 2h de votre temps« .  Rendez-vous est pris ! Nous seront là à 17h !

Après une journée bien chargée à la Kuang Si waterfall, c’est donc pimpants que nous nous donnons rendez-vous à 17h devant la librairie. Collins nous y attend, ravi de nous voir. Après avoir présenté un couple d’anglais à leurs 2 partenaires d’un soir, il nous dirige vers une salle à l’écart. Vous êtes nombreux, vous serez mieux ici. Un premier laotien vient s’assoir avec nous. il vient d’un village dans les montagnes et est détendu à Luang Prabang pour travailler dans un hôtel. C’est pour évoluer qu’il vient ici tous les soirs pour pratiquer son anglais. Il semble rodé à l’exercice tandis que nous, en bons français, cherchons nos mots pour nous présenter. Très vite Théophile, prend les choses en main et guide la conversation. Je m’occupe de rebondir et relancer les sujets. une seconde laotienne nous rejoint. La conversation devient plus difficile et des petits groupes se forment. C’est à l’arrivée du troisième « élève »que je me retrouve seul avec ma nouvelle amie d’un soir. C’est une jeune fille de 19 ans. Elle est encore étudiante et souhaite devenir professeur d’anglais et de Laotien. Ses parents sont agriculteurs et quand je lui demande si elle pratique un sport, c’est là que je comprends que je vais me prendre le choc des cultures dans la gueule. Elle m’explique qu’elle n’en a pas le temps. Elle est à l’école toute la journée et, lorsqu’elle en sort, elle aide ses parents au travail et s’occupe de préparer les offrandes pour les moines bouddhistes. Le weekend, elle va faire les marchés et vendre les récoltes familiales.

Nous abordons brièvement le sujet de la religion et elle m’explique qu’au Laos, chaque jeune homme « apprenti » bouddhiste, doit aller vivre en autarcie dans un temple durant 3 mois, pendant les fêtes bouddhistes. Ils portent une tenue jaune, les moins de 20 ans la porte que d’un coté, tandis que les plus agés ont la tenue complète. Les filles (je n’ai pas très bien compris si elles aussi doivent vivre 3 mois dans un monastère) portent des tenues blanches. Elle est très surprise quand je lui explique que, malgré le fait que je sois baptisé, je n’ai qu’une éducation religieuse « limitée ».

Nous abordons ensuite le sujet des études. Elle m’explique que pour devenir professeure, elle doit faire des études pendant 4 ans après l’examen équivalent du Bac français. Elle doit ensuite devenir bénévole pendant 3 à 4 ans avant de pouvoir prétendre à un poste de professeur « payé par le gouvernement ». Pour info, elle m’a dit que le salaire d’un professeur au Laos est de 120€ par mois…

Nous parlons ensuite des pays que j’ai et que je vas visiter. Elle me demande quels sont mes endroits préférés en France (je ne vous les dirai pas pour ne pas faire de jaloux !) et me dit qu’elle n’a jamais pu sortir de Luang Prabang. Son endroit préféré à Luang Prabang est la Pad ou cave, un temple dans une grotte à flan de colline qui borde le Mékong. Je l’a visité hier mais aurait tant aimé le visiter avec elle. Elle semblait tellement fascinée par cet endroit, sorte de temple troglodite abritant des centaines de statues de bouddhas que les bouddhistes lavent chaque année lors d’une cérémonie rituelle.

Finalement c’est le coeur lourd que nous nous séparons. J’avais tant de questions à lui poser encore ! Mais l’heure avait sonnée. Nous devions rester 3à minutes à une heure et sommes finalement resté les 2 heures de la séance…

Avant de partir je passe par la librairie et achète 2 livres pour faire travailler les étudiants français (prochain colis !). L’achat de ces livres permettant de continuer à développer ce genre d’action, j’espère que les élèves français comprendront la chance qu’ils ont !

 

J’en profite pour parler de l’école qu’à créé Big Brother Mousse grâce à cette solidarité (et à l’humanisme de son fondateur. Une école pour les plus petits nommée « Big sister mousse » à quelques minutes de Luang Prabang. Nous n’auront pas le temps de la visiter mais voici une video dans laquelle Collins présente ce projet !

Pour en savoir plus sur l’histoire de Big Brother Mousse : http://www.bigbrothermouse.com/download/storyofbbmfrench180dpi.pdf

Le site internet : http://www.bigbrothermouse.com

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